Zoom sur l’open space

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De vastes plateaux ouverts, des bureaux alignés un peu partout, des écrans d’ordinateurs à la vue de tous… Bienvenue, vous êtes en open space.

Depuis quelques années, les petits bureaux fermés cèdent la place à ces grands espaces sans cloisons. Economie de place, meilleure circulation de l’information… La tendance est au bureau ouvert. Mais également à la polémique : si les salariés sont de plus en plus nombreux à y travailler, ils seraient également de plus en plus à mal le vivre.
Pourtant, l’open space a d’abord été conçu comme un espace convivial, la proximité rendant la communication plus facile. L’ambiance est à la convivialité et le tutoiement souvent de mise, comme les pots ou les déjeuners entre collègues. Une atmosphère presque bonne enfant où la hiérarchie semble moins apparente. En illusion pourtant. Elle revient dans la disposition : les cadres supérieurs ont le dos au mur tandis que les nouveaux sont placés au beau milieu du passage. Derrière cette ambiance cool, se cache une violence dans les relations au travail et un isolement de chacun sur son projet…

 

Une solution pratique et économique, qui présente en effet de nombreux avantages :

 

Deux-tiers des entreprises françaises ont adopté ce système (soit 60% des entreprises). Des arguments sont mis en avant par les employeurs et les spécialistes pour louer ses vertus ; gain de place et donc d’argent, facilite les échanges entre les différents salariés et favorise ainsi le travail en équipe ; la communication est accrue et l’esprit d’équipe est renforcé.
La raison? Une meilleure exploitation des mètres carrés disponibles. Dans un espace ouvert, il est possible d’aménager des postes de travail de moins de 10 m2 par collaborateur, chose impossible dans un espace cloisonné, qui consomme de 10 à 40% de surface supplémentaire. Les espaces ouverts séduisent aussi car ils apportent une efficacité accrue aux équipes, grâce à une meilleure circulation de l’information et à une convivialité renforcée.

 

… mais qui n’est pas de tout repos !

 

Ce mode de fonctionnement n’est pas toujours apprécié et les bénéfices supposés ne compensent pas ses coûts en matière d’efficacité et de satisfaction au travail. Cette dernière y est la plus faible, pour lesquels les effets négatifs (bruit ou absence de confidentialité) dépassent les bénéfices associés dans sa facilité d’interaction. En effet, s’ils facilitent la communication entre les différents salariés, il peut être très difficile de réussir à se concentrer dans un bruit permanent.
On voit et on entend beaucoup de choses. Trop parfois. Sonneries des téléphones fixes, des portables, rugissement de l’imprimante ou les conf call, ces conférences téléphoniques avec le haut-parleur… Sans oublier ceux qui hèlent leur collègue situé à l’autre bout du plateau ou de leur fenêtre…

On pourrait citer des exemples fictifs et caricaturaux, qui cristallisent cependant une partie des reproches formulés à l’encontre des espaces de travail ouverts ; surveillance accrue, et concentration difficile :

« Je suis stressé. Mon bureau se situe dans un open space regroupant plusieurs personnes. Je dois m’accommoder d’un brouhaha constant et quitter le plateau quand je reçois un coup de fil personnel. »

 

Ces espaces devraient être mieux aménagés de façon à offrir un peu plus d’isolement. Ils peuvent être épanouissants pour les salariés en plein développement personnel : un stagiaire apprendra plus vite en étant au contact des salariés. Pour les seniors par contre, l’argument de l’ambiance peut être à double tranchant : dans un espace ouvert, un râleur patenté peut, à lui seul, dégrader les relations entre tous les collaborateurs d’un même plateau. Il faut trouver le juste milieu.

 

Un cloisonnement des espaces est-il souhaité? Une solution extrême et peu probable, compte tenu de la structure des bâtiments, qui comportent de plus en plus de grandes pièces, avec grande hauteur sous plafond. Mais des ajustements peuvent être réalisés. On pourrait fractionner les grands espaces à l’aide d’armoires, l’installation de plantes vertes peut aussi aider à s’isoler, tout en préservant quelques espaces clos, propices aux réunions ou à divers entretiens.

 

Vous l’aurez compris, les open spaces sont en réalité des espaces très bruyants où le seul moyen de se concentrer est de se mettre un casque avec de la musique sur les oreilles pour s’isoler des autres. Il y a bien évidement des employés respectueux, mais la norme semble plutôt être de faire abstraction de ses voisins et de passer des coups de fil à haute voix ou d’interpeller des collègues qui passent par là. Il y a non seulement le problème du bruit, mais également la distraction visuelle de celles et ceux qui s’agitent autour de vous ou qui traversent la pièce. D’autant plus que les périodes de travail qui nécessitent des échanges permanents ne représentent qu’une petite partie de notre journée, exception faite pour ceux travaillant en binôme.

Pour en améliorer la productivité, il suffirait de se responsabiliser. L’open space reste toutefois un mode de travail, de vie dont les règles restent à fixer… en bonne intelligence.

 

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© Platine 19/05/2014